Taroudant et Rachidia


J’ai passé le mois de septembre 2009 au Maroc, pas évident de travailler en période de ramadan... J’étais donc à Taroudent (après 20 h de bus), ambience plus relax qu’à Rabat. Sur place, j’ai fait trois demonstrations dans des villages environnants, un monde asser hermétique... Deux profs d’école ont été convaincus que le cuiseur solaire pouvait réellement apporter un plus et on en a fabriqué deux sur place.

De là, je suis parti du côté de Rachidia, invité par une asso de femmes du village de Miski. L’asso sur place est une grosse machine avec locaux, école, gardienne, véhicule pour le transport des enfants à l’école, etc. J’ai fais une démo devant les femmes de l’asso mais manque de bol ce jour-là le soleil s’éclipse juste quand ça commence à chauffer... petits regards en biais et le president me dit que les femmes de Miski n’ont pas de temps à perdre avec un cuiseur solaire et que franchement ça ne les interresse pas mais si j’arrive à produire de l’eau chaude sanitaire alors là oui !

Ok, je me secoue la cervelle et je leur ponds un truc avec un tuyau noir, des canne, de la terre battue, rien que des materiaux locaux et, pour une part, gratuit. Je leur fais un montage simple pour leur expliquer le principe du thermosiphon. Le lendemain, je refais le montage avec quelques personnes pour qu’ils comprennent le principe et nous prenons rendez-vous le lendemain pour discuter de la suite à donner au projet...

Le principe est un serpentin en spirale placé en cône le tout devant être pris dans un lit de materiaux terre paille. L’eau démarre dans la barique d’eau, aborde le serpentin par le bas de la spirale, remonte en chauffant dans la spirale et repart vers la barrique. Il y a un système de chasse pour maintenir le niveau pendant son utilisation et bien sûr une sortie d’eau chaude - ça marche bien et ne coûte pas cher.

Le projet est à monter sur une toiture en terrasse, un support en terre battue, quelque centaines de kilos de materiau à se coltiner. Pour le réaliser il faut donc des bras et le lendemain comme personne n’est venu travailler avec moi, j’ai tout arrêté et j’ai fait du tourisme...

En discutant avec les gens du village, j’ai appris des choses intéressantes.
D’abord l’utilisation de la parabole-cuiseur est difficile à mettre en oeuvre dans les pays musulmans car la femme ne peut pas cuisiner dehors, en public, et elle ne montera pas sur une terrasse pour l’utiliser. Dans les propriétés fermées, il y a peu d’endroits exposés au soleil, au contraire.
Le second élément qui rend la chose compliquée est une croyance bien ancrée et qui ma été dite à differents endroits du pays : l’eau chauffée avec le soleil serait mauvaise pour la peau... et bien sûr tous ceux qui me l’on dit connaissent des gens qui ont attrapé des maladies de peau ! Sur le moment, je me suis juré de ne plus mettre un pied dans un pays musulman !!!

Mais bon... mon prochain projet c’est de fabriquer un cuiseur dans le genre de l’Hélios mais plus petit pour pouvoir cuire des beignets avec le soleil de nos regions...

Nicolas, décembre 2009.


lundi 4 janvier 2010 poster Eva Wissenz

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